Association Connaissance et Renaissance
de la Basilique de Saint Nicolas de Port

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Histoire de la Basilique
 
Comment la relique de saint Nicolas est-elle arrivée jusqu’ici ? Quand la Basilique a-t-elle été construite ? Qui est Madame Camille Croué Friedman ?
 
Aubert de Varangéville
Peu de temps après la translation des reliques de saint Nicolas, de Myre à Bari le 9 mai 1087, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville, ayant connaissance des prodiges attribués à saint Nicolas, décida de se rendre à Bari. Le culte de saint Nicolas était déjà très populaire en Occident et il n’est pas étonnant qu’un gentilhomme ait entrepris un pèlerinage aussi lointain.
 
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Aubert n’était pas un croisé. C’était trop tôt pour l’être car la première croisade n’eut lieu qu’en 1096 ! Lors de l’inauguration de la basilique, le pape Urbain II, aurait montré à la foule une phalange de saint Nicolas, voulant ainsi prouver la présence du corps de saint Nicolas. Aubert qui était donc à Bari, en profita, pour le soir même, voler la relique qui n’avait pas été remise en lieu sûr et la rapporta en Lorraine.
 
Le bruit des prodiges, attachés à cette relique, se répandit rapidement. De toutes parts, les infirmes accoururent pour bénéficier des heureux effets de la puissante miséricorde de saint Nicolas, le saint thaumaturge. Dès lors, Aubert compris qu’il ne pouvait l’honorer seul. Songeant à l’exposer à la vénération de tous, il alla la proposer à l’abbé de Gorze dont dépendant le prieuré de Varangéville. Il fut convenu, qu’en attendant la construction d’une église dédiée à saint Nicolas, la Relique serait déposée dans la chapelle Notre-dame, située sur l’autre rive de la Meurthe, au lieu dit Port. Cet endroit était ainsi nommé car lieu de passage sur la Meurthe pour les nombreux marchands entre les foires de Champagne et d’Allemagne et port naturel pour le trafic fluvial.
 
Cependant, avec l’afflux des pèlerins la chapelle se révéla vite exiguë. Une première église fut construite au début du 12ème siècle dans laquelle saint Bernard se recueillit en 1153. A partir de 1193, la construction d’une plus grande église fut entreprise.
     
Saint Louis et le Sire de Joinville
Au retour de sa première croisade en 1252, le roi Louis IX, son épouse Marguerite de Provence et son sénéchal  Jean, Sire de  Joinville affrontèrent une violente tempête en Méditerranée. Sur les conseils de Joinville, la reine implora alors saint Nicolas. Et ils furent sauvés ! C’est pour cette raison, qu’en 1254, le Sire de Joinville apporta en l’église un vaisseau d’argent en remerciement de la reine à saint Nicolas. Malheureusement cette pièce disparut au cours de l’histoire mouvementée de la basilique.
 
Jeanne d'Arc
Au début du XVème siècle, la guerre est partout, et le royaume de France est
en grande partie aux mains des Anglais.
 Jeanne d’Arc, depuis les apparitions de Domrémy, s’est rendue plusieurs fois auprès de Robert de Baudricourt. Elle a visité plusieurs lieux saints de Lorraine, entre autres Saint-Nicolas-de-Sept Fonds, près de Vaucouleurs.
Le duc de Lorraine, Charles II, est malade. Il entend parler de Jeanne comme d’une guérisseuse et l’aurait fait appeler. Depuis Toul, elle fait le détour par Saint-Nicolas-de-Port où elle vient prier l’évêque de Myre, vénérer ses reliques et lui demander protection avant d’entreprendre l’extraordinaire mission qu’elle va accomplir. Arrivée à Nancy, en compagnie de son cousin Durant Laxois, elle y rencontre Charles II et lui tient des propos très sévères sur sa conduite.
 
Si elle ne le convainc pas de renoncer à ses amours illégitimes, du moins obtient-elle de lui un cheval noir et quatre francs pour ses frais de déplacement. Elle reçoit surtout son appui et celui de René d’Anjou qui a, semble- t-il, assisté à l’entretien.
 
La bataille de Nancy
Charles le Téméraire, flamboyant duc de Bourgogne et Grand Maître d’Or, voulait réunir ses possessions de Flandre à celle de la Bourgogne, afin de recréer la Lotharingie de Lothaire qui s’étendait de la mer du Nord à la Provence. Pour cela, il ne lui manquait que la Lorraine.
 
Pour l’obtenir, il lui fallait annexer Nancy, capitale du duché. Durant l’été 1475 il mit alors le siège devant Nancy. Et le 30 novembre, jour de la Saint-André, saint patron de la Bourgogne, Charles le Téméraire pénétra dans Nancy.
 
Mais le libre passage des Bourguignons en terre lorraine, prit vite l’allure d’une occupation et  les exactions des troupes firent vite prendre conscience au peuple lorrain de son identité.
 
Successeur de Nicolas, duc de Lorraine entre 1470 et 1473, René II n’a que 25 ans : Charles le Téméraire l’appelle « l’enfant ». En mai 1476, il peut traverser Port occupé, où la population lui manifeste sa fidélité. Une femme lui remet même une bourse d’or.
Il part alors chercher des troupes en Suisse et en Alsace pour reconquérir sa Lorraine.
 
Début janvier 1477, il est à Saint-Nicolas-de-Port où il tient conseil de guerre. Du haut des tours de l’église il fait allumer des feux pour prévenir les nancéiens assiégés qu’ils viennent  à leur secours. Au point du jour du 5 janvier, René II et toute la noblesse lorraine firent solennellement chanter haute messe devant Monsieur saint Nicolas puis allèrent libérer Nancy.
                          
Précédé par une troupe de Portois partit directement sur Nancy, René II se lança vers Jarville et le bois de Saurupt. Grâce à ce stratagème… et à l’aide de ses mercenaires suisses, il gagna la bataille. Il était temps !  Les Nancéiens avaient rassemblé Place des Dames, les os des chevaux, des chiens et des chats qui leur avaient servi de nourriture durant le siège. On retrouva le cadavre du Téméraire près de l’étang Saint-Jean à moitié dévoré par les loups.
  
 Le duché de Lorraine n’était qu’une petite principauté, l’un des innombrables territoires plus ou moins autonomes du Saint Empire Romain Germanique. Suite à cette victoire, il fut alors reconnu et estimé dans toutes les cours d’Europe comme une grande nation indépendante. La Lorraine avait en effet eu raison du grand duc d’Occident !
   
La construction
A la suite de cette éclatante victoire et en témoignage de gratitude, René II lança la construction d’un nouvel édifice à la gloire de saint Nicolas. Pourquoi avoir choisi Saint-Nicolas-de-Port plutôt que Nancy, capitale de son duché ? Deux raisons ont justifié ce choix : la ville possédait déjà une relique de saint Nicolas et elle était plus importante que Nancy. On y dénombrait, en effet, de 10 à 15 000 habitants, en temps de grande foire, alors que Nancy n’en comptait guère que 4000 dans les limites de ville vieille actuelle.
Le Prieur, Simon Moycet en fut le Curé-bâtisseur. La pierre de la construction fut extraite des carrières de Viterne au-delà de Neuves-Maisons et Pont-St-Vincent.
La construction de la basilique commença vers 1481 et se termina en 1544, et celle des tours sans doute en 1560. Avec la basilique, la ville s’agrandit, on y construisit un hôpital, des moulins et les marchands y affluèrent. Elle devint très vite le grand
centre commercial et spirituel de la Lorraine.
 
Guerre et malheurs
Mais hélas, en 1618, s’annonce en Bohême, un conflit européen : la guerre de Trente Ans. La Lorraine sera durement meurtrie et notamment Saint-Nicolas-de-Port en novembre 1635. Tandis que Nancy s’enferme derrière ses remparts, le 5 novembre 300 cavaliers arrivent à Saint-Nicolas. Ils pillent la ville et massacrent sa population. Le 10 novembre, lorsque arrivent Suédois et Français ils n’y trouvent plus rien. De dépit, le 11 novembre 1635, ils incendient la ville et sa basilique. L’incendie est si intense qu’en deux heures la charpente s’effondre, le feu envahit les tours ; des onze cloches on ne retrouvera qu’une vingtaine de livres de métal.
 
Des 2000 foyers que comptait la ville il n’en reste plus que 45 après ces événements. La ville ne s’en relèvera jamais, et les courants commerciaux l’éviteront désormais, au profit principalement de Francfort voire Strasbourg. Heureusement, l’église est restée mais a du faire l’objet de nombreuses restaurations pendant près d’un siècle, les tours ne retrouvant leurs bubes qu’en 1725. Nous retrouvons encore aujourd’hui des traces de cet incendie de 1635.
   
Dernier grand miracle de Saint Nicolas
Camille Croué-Friedman est née à Saint-Nicolas-de-Port en 1890. A l’âge de 16 ans elle part en Amérique rejoindre une partie de sa famille tout en restant fidèle à sa ville natale et à l’église de son baptême.
En 1933, au cours d’une croisière, elle fit naufrage au large de Chypre et fut l’une des rares rescapées. Attribuant ce sauvetage à saint Nicolas elle offrit, en remerciement, un vitrail à la basilique et après 1945, finança la restauration de l’autel patronal détruit par un obus.
Chaque été elle repassait par Saint-Nicolas visiter sa famille et avait apprécié la création de Connaissance et Renaissance de la basilique en 1973 et les actions lancées au profit de la basilique. En 1975, elle avait même rencontré le président Gilles Aubert lui confiant son intention de faire quelque chose pour sa basilique. C’est ainsi, qu’après son décès à New-York, en mars 1980, on découvrit avec joie qu’elle léguait l’essentiel de sa fortune à la basilique pour qu’elle retrouve sa beauté originelle.
Ce legs providentiel a, depuis 1983, permis de financer un important programme de travaux de restauration d’environ 14 millions d’euros sans aucun financement public.
 
Connaissance et Renaissance de la Basilique de Saint-Nicolas-de-Port
1 rue des Trois Pucelles
54210 Saint Nicolas de Port
Téléphone/ fax : 03-83-46-81-50
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